Un peu d'histoire

Le nom de la commune

Selon les archives départementales (Notice de la Lorraine), Tonnoy se nomme en latin Tonnagia apparemment parce qu'autrefois il y avait là un passage où l'on payait cetrains droits nommés dans le pays Tonneux, Tenolium.
Une charte du duc Simon, datée de l'année 1203 mentionne le nom de Tornoi. Un titre de 1311 mentionne le nom de Tournoy.
La commune est désignée dans la Chronique de Lorraine en 1471 sous le nom actuel de Tonnoy.
Le village de Tonnoy, selon une monographie de l'instituteur de Tonnoy datée de 1888, dépendait au XIIIe siècle de la seigneurerie de Heuviller et au XIVe siècle, il passa à la maison de Haussonvile. Plus tard, au XVe siècle, Tonnoy eut son château et sa seigneurerie.

Archéologie et patrimoine 

Une voie romaine, prétend-t-on, passait dans la partie est, dans le voisinage du château de Sandronviller.
Il existe, au nord de la féculerie, une butte qui semble artificielle et qu'on appelle la "Chaussée de l'Etang" qui pourrait en être un vestige. 
 
L'église de Tonnoy date du XVe siècle. Elle est dédiée à Saint Laurent. Elle ne possède pas de crypte. Elle a été agrandie en 1863. Dans la chapelle de Notre-Dame de Pitié, qui servait pour le seigneur, se trouvent des tombes sur lesquelles sont gravés des portraits des dames de Tonnoy. Sur une tombe de la nef de l'église, on lit les noms de Burnequin d'Haussonville, seigneur de Tonnoy et Varry de Tonnoy mort en 1457. 
 
Le château de Tonnoy : ses fossés et et la terrasse étaient convertis en verger. Aux quatre angles des fossés se trouvaient quatre tours dont il ne reste plus que les deux du devant. Celle de droite servait de chapelle, le château avait et a encore la forme d'un carré dont trois côtés sont occupés par des constructions. A l'extrêmité de l'aile gauche se trouve une grosse tour carrée ou donjon qui était aussi élevée que l'église. A la Révolution, elle fut rasée jusqu'à hauteur de l'aile contre laquelle elle est appuyée.

Quelques faits historiques

  • Au XVe siècle, pendant la guerre de Charles le Téméraire, 400 cavaliers bien montés et qui venaient de Bourgogne traversèrent une partie de la Lorraine pour rallier l'armée du duc de Bourgogne. Arrivés à Tonnoy, ils pensèrent y coucher sans péril parce qu'ils étaient peu éloignés de Bayon, de Neuviller-sur-Moselle et de Richardménil qui avaient reçu des garnisons bourguignonnes. Un habitant de Tonnoy se rendit à Rosières et offrit à Malhorty de l'amener jusqu'au milieu du village à l'insu des ennemis quoique ceux-ci fussent sur leur garde. La proposition fut acceptée et à minuit, la garnison de Rosières pénétra dans Tonnoy, fit main basse sur tout ce qu'elle rencontra dans les rues, enfonça les portes des maisons, tua les soldats qui voulurent se défendre, en prit plusieurs et se retira avec 140 chevaux et une quantité d'armes et des bagages. Les chefs des Bourguignons s'étaient logés dans le château, ils y recueillirent le reste de leurs soldats et quand le soleil fut levé, ils mirent le feu dans le village, ils vinrent raconter le désastre au sire qui jura de se venger de Malhorty.
 
  • Extraits de la Notice de Lorraine :
    Le château de Tonnoy est célèbre dans notre histoire de Lorraine. Au XVIIe siècle, le comte de Ligniville, après avoir repris Châté sur les François, reprit de même les villes d'Epinal, de Mirecourt, de Neufchâteau, de Commercy, de Ligny, de Bar le Duc et les châteaux de Void, d'Haroué, de Tonnoy et de Savigny. Ces places furent toutes prises par attaque ou surprises, par adresse, avec tant de bonheur, que la plupart des gouverneurs se rendirent après quatre volées de canon. 
    Le marquis de la Ferté, qui était alors en campagne auprès du roi Louis XIV accourût en Lorraine, dont il était gouverneur, et envoya le sieur de Berreau, avec quelques troupes, pour reprendre le château de Tonnoy. Un soldat de fortune, tailleur de profession, nommé Jean-le-Borgne, s'en était emparé avec seize compagnons, pour le duc Charles IV, trois jours auparavant. De Berreau n'y avait fait mener, pour le battre qu'une seule pièce de canon, dont l'affût se rompit, après avoir fait un petit trou au château à l'endroit d'une fenêtre. M. de la Ferté, impatient de voir ce siège tirer en longueur, et craignant que le comte de Ligniville ne le vînt le secourir, y accourut lui-même et accorda au soldat qui commandait dans le château et ses compagnons tout ce qu'ils voulurent pour leur retraite. Il fallût même que le général s'approchât de la barrière pour lui parler, et qu'il lui donnât le sieur de Berreau en otage pour la capitulation. Avec tout cela les partisans du maréchal de la Ferté firent imprimer à Paris une édition de ce fameux siège, sous ce titre : "La prise du fort château de Tonnoy en Lorraine, par le Marquis de la Ferté".
 
  • Vers 1670, sous le duc Léopold, on comptait en Lorraine 3 verreries en pleine activité, dont celle de Tonnoy. Cette verrerie avait été rétablie en 1698 par M. de la Pommeraye qui eut la permission de fabriquer et vendre pendant 20 ans "toutes sortes de verres, cristaux, cristallins, glace de miroir, de carosses et autres souvrages de verreries". Malgré ce privilège, elle ne put se maintenir. François Magnien, premier maître d'hôtel du duc, prit la succession de M. de la Pommeraye et établit à Portieux (Vosges) une manufacture de verres à boire, puis une autre de verres à vitre dans la forêt de Moriville. Ce fut vers 1705 qu'un arrêt de la chambre des comptes autorisa la translation à Portieux de la verrerie de Tonnoy.


Extraits la monographie de A. Charle, instituteur de Tonnoy rédigée en 1888

La Moselle
"La Moselle est le seul cours d'eau de la commune méritant une mention spéciale. La Moselle est une rivière très capricieuse dans son cours. Chaque année son lit se déplace. Le moindre débordement fait dévier sa direction. Le courant assez rapide ronge les berges de sable et de graviers. En quelques jours un nouveau lit est creusé à côté de la rivière au milieu des pâturages ou des terrains cultivés. La vallée entière a été ainsi parcourue.
La commune de Tonnoy construit chaque année de nouvelles digues sur les rives de la Moselle pour en régulariser le cours et pour protéger les propriétés riveraines. 
Sa profondeur est aussi variable que sa direction : aussi ne trouve-t-on que rarement des gués fixes et praticables. Les tourbillons, les courants déplacent sans cesse le sable."

Population
On n'a sur le chiffre de la population de Tonnoy que des renseignements peu précis, au moins jusqu'au commencement de notre siècle. 
En 1712 [...] Tonnoy comptait trente ménages.
Un recensement de 1802 accuse 271 habitants. 
A cette époque les terrains communaux confisqués pendant la Révolution sont rendus à la commune et partagés entre les habitants. Alors beaucoup d'étrangers attirés par l'appât de ces biens, évalués à environ un hectare par famille, viennent se fixer à Tonnoy.
Le chiffre de la population double en moins de dix ans. En 1812, Tonnoy compte 594 habitants.
Le mouvement d'extension s'accentue jusqu'en 1866 [708 habitants]. [...]
De 1868 à 1872 beaucoup d'enfants meurent en bas âge; plusieurs familles nombreuses quittent la commune; le nombre des habitants se trouve ainsi diminué sensiblement.
Tonnoy est sans commerce, sans industrie; les bras y sont nombreux, la population laborieuse, et partout, la main d'oeuvre à bon marché. Ainsi pour gagner leur vie plus facilement, beaucoup de jeunes gens vont servir comme ouvriers, employés ou domestiques dans les localités voisines. Un grand nombre d'entre eux se fixent au dehors et la population de la commune est diminuée d'autant.
Le village de Tonnoy est isolé, presque sans relations avec le reste du pays. Cela tient d'abord à la grande distance qui le sépare des centres importants, et aussi à l'absence de grandes voies de communication.
Malgré tout, c'est un lieu de séjour assez agréable.
Cet isolement contribue, je crois à rendre la population plus laborieuse, car chacun est obligé de subvenir presque seul à tous ses besoins. Les relations entre habitants y sont plus faciles et plus intimes que dans beaucoup d'autres localités. La vie y est plus dure peut-être ; mais assurément moins chère que partout ailleurs. Il règne dans toutes les familles une grande économie.
Le niveau intellectuel de la popualtion est peu élevé; aussi les influences personnelles ont elles beaucoup de poids.
Ils vient rarement des étrangers à Tonnoy ; aussi la populaion connaît peu le commerce du monde. Les relations des habitants entre eux laissent souvent à désirer comme politesse et comme savoir-vivre. Néanmoins tous font leur possible pour être polis, affables et complaisants envers les quelques personnes étrangères qui passent ou qui se fixent dans la commune. Mais si l'on n'y prend pas garde, ils tombent rapidement dans une familiarité qui est souvent fort déplacée.
En matière d'instruction, les familles sont d'une indiffférence choquante; au point de laisser croire parfois que leur bétail leur est plus cher que leurs enfants.
Toutes parlent le patois dans leurs relations ordinaires; quelques-unes même, je parle des plus anciennes, n'emploient le français qu'avec difficulté.

Culture

Le sol de la commune de Tonnoy est généralement assez fertile et nos cultivateurs savent en tirer de bons produits.
Tonnoy ne possède pas de grandes exploitations. Son territoire accidenté ne se prête pas à l'emploi de grandes machines agricoles qu'on utilise dans la culture faite en grand; mais avec l'outillage ordinaire et une direction intelligente, les fermiers et les propriétaires obtiennent une large rémunération de leur travail.
Il y aurait malgré cela beaucoup de réformes à faire dans les procédés de culture employés. La routine y tient encore une large place.
Tous pratiquent l'assolement triennal et la jachère n'a pas encore disparu.
Les engrais de ferme sont les seuls employés.
Les amendements sont à peu près inconnus de nos cultivateurs.

 
Informations pratiquesBlason Tonnoy
Adresse
Mairie de Tonnoy20 place de la libération54210 Tonnoy
Téléphone
+33 3 83 26 62 33
Fax
+33 3 83 26 63 95
Horaires d'ouverture
Le Lundi : de 16h00 à 19h00
Le Mercredi : de 9h00 à 12h00
Le Jeudi : de 16h00 à 18h00
Le Samedi : de 9h00 à 12h00
 
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